
Shanghaï, la nuit. Première impression. |
Dimanche 19 juin. Seul calendrier pour ne pas perdre la notion du temps : ce carnet de voyage.
Vol de nuit. Sommeil éparpillé. Echange de sièges un peu stressant. Gros lard pas aimable. Comme un sale gamin, et par à un heureux hasard, j'ai obtenu la grâce des Saints de l'aérien : le hublot. Hélas, en me réveillant au dessus d'Oulan Bator, capitale peu visitée de la Mongolie, les nuages masquaient les terres asiatiques. Obstinés nuages qui se refusent à me révéler la cartoraphie de ces territoires inconnus. Il faudra attendre les environs de Shanghai. Terres agricoles. Routes droites, vides. L'océan. Comme gelé, bosses immobiles, grisâtres. Des tankers. Un port, maquette gigantesque. Puis un relief étonnant. Des aiguilles? L'avion s'approche. Les cumulonimbus se dissipent. Immebles. Ou barres HLM. La Courneuve puissance 1000. "Puissance 10 000" ajoute, rectifie, précise Barbara. Une étendue à perte d'horizons, de béton blanchätre. Le Corbusier n'aurait pas rêvé mieux. A cette multiplication des cités succèdent de gros vers rectilignes, par rangées de 10, 12, 17. On ne compte plus. De la route, cela apparaîtra comme une sorte de lac vaguement ondulé. D'en haut, à l'approche des pistes, nous découvrons l'objet de notre curiosité : des serres, par centaines, immenses. Sans voir un seul Chinois, nous pouvons déjà deviner le nombre qui y loge, qu'n doit nourrir, qui travaille. Ironiquement, au bruit des roues du 777 crissant sur le tarmac, c'est le signe de la Korean Air qui nous accueille. Un Yin et un Yang. Nihao.
Douane longuette. Papiers d'entrée à trouver. Encre rouge tamponnée, on s'en met plein les doigts. J'aais déjà expérimenter le système des "files à patienter" aux services consulaires... Distributeur de Yuans. Carte téléphonique. Le maglev est arrêté. Nous nous rabattons sur un taxi. Climatisé. Le contact avec la Chine est toujours reculé. Nul climat. Peu de mots. Moins d'odeurs. Autouroute rectiligne. Zig zags d'enfer entre camions et voitures maladroites. Pilotage de course. Franchissement de ligne blanche. Le bolide fonce à travers cette infinie urbanité américanisée. Publicités clichées : cadres à l'occdientale, affairés, bien dans leur téléphone. Que de promotion pour les communications. Communiquer. Là sera le problème dès la première journée. Shanghaï se refuse à nous. nous regardons cette succession de gros "condos", de tours pas finies, de chantiers, d'echaffaudages en bois. Un pont gigantesque, sorte de Pont de Normandie, nous fait face au milieu de la ville. Tout se densifie. Dès l'entrée dans la métropole, l'Asie s'impose. Vélos, motocyclettes, scooters, bus. L'autourote couvre le bouelvard, assombri. Carrefour, MacDo, Pizza Hut. Les néons. Ceux des pubs mais aussi, ceux, plus rigolos, pour informer de la présence, et du parcours, des passerelles piétonnes entrerre (trottoir, boulevard) et ciel (cette autoroute urbaine).
Foule du dimanche soir. Moins nombreuse, sans doute, qu'en semaine. Ici tout est ouvert: coiffeurs, salons de beauté, vendeurs de fringues... Ils aiment le pastel (bleu, rose, vert, jaune, lilas). Les taxis sont aussi colorés, métallisés. Les Chinois portent des polos. Ils sont généralement mal habillés. Les corps sont plutôt mous. Ils privilégient le pratique, comme les Américains. L'échec européen est d'ailleurs patent. L'architecture des tours de bureau, l'aménagement urbain, l'omniprésence de la voiture, la taille des publicités - affichages agressifs - tout rappelle l'influence des Etats-Unis.
Si peu de soldats communistes! Je suis déçu. Tout juste aperçoit-on une femme marchant comme une jeune révolutionnaire, en canard, ou une autre, déconditionnée, un peu folle, parlant, de sa fenêtre de bus à la rue entière. L'Amérique est parvenue à imposer son "way of life". JUsqu'à polluer le ciel chaud de Shanghaï. Nous européens, canadiens (Gia-na-da) aurions du montrer la voie : des arbres, des transports non polluants... S'ils semblent recycler leurs déchets (en tout cas les trier), le reste est vicié par le matérialisme. La Chine puissance du siècle risque ainsi d'achever définitivement notre petite planète. Leur Histoire, leur Révolution, rien n'aura arrêté la spirale infernale du modèle consumériste.
  
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