
Néons d'un autre monde? |
Pourtant, il y a quelques réminiscence d'un tiers-monde "fantasmé". Immeubles vieux et salles, anarchie sur les routes, vendeurs dans la rue. Nostalgie d'une Asie telle que le cinéma l'avait rendue. La réalité est ailleurs. Dans notre incapacité à dialoguer. Se faire comprendre. Les comprendre. "Dong". Difficile (du coup) de trouver son chemin autrement que par nos propres moyens. Promenade pédestre. Chaleur ventée, agréable. Un souffle de vacances. Et puis l'odeur, mélange de nauséabond - les égoûts, les pots d'échappement - et d'attirant - airs marin et tropical. Nous sommes fatigués. Décalés. Nous atterrissons - par hasard et par instinct - dans une Maison de thé. Angle Feng Yang et Fuxing Zhong. Petites "Lu". Routes. Nous sommes à l'extérieur. Lampions rouges. Jardin chinois. Bouddhas et autres sculptures. A l'intérieur, des tables de trois. Palabres. Les Chinois fument beaucoup. La serveuse est d'une patience, et d'une gentillesse... Serviable, quoi. Les pinguoins des cafés français devraient prendre quelques leçons. Elle parle difficilement l'anglais. Mais la commande est faite. Des mises en bouche "free". Chocolats, fruits comme confits. Les arbres bruissent. Un beau vert, intense, tout juste éclairé par les lumières de cette Maison de thé sans nom. Le ciel bleu marine et les feuillages qui se caressent nous apaisent. Le thé nous est apporté. Une grosse boule dans un verre. Comme ces boules de suie dans un Miyazaki. Répugnant presque. Dumplings et nouilles. Raviolis qui nous ravissent. pâtes fraîches un peu fades. B. met l'oeuf à part. Déjà amnésique, je demande "Pourquoi?"
Grippe aviaire. Le lendemain matin, je refuserai spontanément l'oeuf du petit déjeuner. Dans un "dépanneur", ils cuisent en permanence, en groupe, coquilles amochées, presque "ragoûtants".
La boule, nouée dans l'eau chaude, se déploie majestueusement. Algue marine qui se dépose au fond du verre. Thé vert. Au dessus, une fleur éclot, rose et légère. Jasmin. Parfum. C'est un peu cher. Mais cela suffit à notre bonheur. Onse pose la question du pourboire...Notre serveuse traverse pourtant la rue avec nous, hèle un taxi. 10 Yuans la choqueront autant que si nous lui avions proposé de monter dans la Honda. Klaxons. Plus efficaces que le clignotant. Hôtel. Ling Long. Petits oiseaux dans la cage, dans le hall. Et nous dans la chambre. Légères angoisses. Arrivera-t-on à dormir?
Le climatiseur ronronne. Une heure plus tard, il crache. Puis rote. M'envoie des gouttes glacées en pleine face. Détraqué. La nuit s'annonce moite. Entre insomnies conscientes et torpeur subconsciente. Epuisement. Décalage horaire. Un drap suffira. La télé ne pourra pas nous servir de somnifère. Des dizaines de chaînes débiles. Boys bands aussi ridicules et crétins qu'à l'Ouest. A Paris, c'est le soir.
Très loin.
  
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