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CARNET DE VOYAGE - 21 juin




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Oeuvre humaine et mégalomane d'un seul gomme, L'Armée de terre nous renvoie temporairement à cette désorientation. Lieu touristique typiquement occdiental - bien organisé, accès pour handicapés, cher - il abrite un patrimoine digne de ce que l'on imagine de cette Chine civilisatrice, fondatrice. Ces soldats de terre cuite pourraient paraâitre ludiques - petits soldats ou poupées miniatures. Ou l'amorce d'une séquence de film, chacun se mettant à vivre, à prendre vie, sortant de leur carapace de terre pour revenir à la chair. Mais à les voir de près, si "humains", si expressifs, si précis dans les détails des plis des vêtements, des gestes ou des regards - peu sont effrayés mais certains semblent tristes - ils parviennent à nous toucher. En 22 siècles, nous avons si peu changés. Dans cette Chine en friche, ce terrain de jouissance archéologique rassemble aussi des fosses où les soldats ne sont pas érigés, rangés, mais en morceaux, éparpillés, cassés. Comme des soldats mutilés au champ d'honner. Batailles avec le temps, avec l'illusion que l'oeuvre d'art peut-être éternelle. Dévastation "guerniquienne". la moitié d'un cheval. Un corps sans tête. En ruines.
B. regarde les chapeaux des Chinoises, fleuris ou non. Il y a quelques touristes. Une guide locale parle admirablement l'Espagnol.



Au retour en ville, nous serons davantage intégrés. D'avoir trouvé une cafétéria et mangé à peu près équilibré - "un petit tofu pour la route?" - nous a rassurés sur les 27 jours restants. Nous traversons, à notre tour, n'importe où. Ce qui me convient très bien, le faisant à Paris. Les "élégantes" portent une ombrelle pour se cacher du soleil. Les vélocyclistes ont une visière solaire qui leur masque intégralement le visage. La boutique sous licence Disney nous arrête un instant. Les vendeuses claquent dans leurs mains, s'invitent sur le trottoir et commencent une chorégraphie niaise style Star Academy, avec sourire contractuel.
Le 21 juin étant la Fête de la musique, nous seront poursuivis par les mélodies (le nom de notre hôtel, le Melody, en bonus track) insipides et sirupeuses. De la "bakery" diffusant du simili Hélène Ségara (une chanson française dans une patisserie chinoise en buvant un thé glacé chaud, faut supporter) à la boîte de nuit située sous l'hôtel de Lanzhou où nous dormirons le soir. Les vidéoclips ne sont pas plus inspirants. Couleurs flashys, coiffures branchées. Les Chinois aiment beaucoup aller chez le coiffeur. Massages craniens, coupes extravagantes. Je suis définitivement hors normes avec ma coupe militaire. Mais revenons à la zik. Lâchés dans un souk à ciel ouvert, nous cherchons le Temple des Huit Immortels, abri taoïste non indiqué sur la carte.





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