
Vision du petit déjeuner |
Malgré la Grande Muraille, dont nous voyons le bout le plus occidental ce matin, les hordes de Barbares sont parvenues jusque là. A l'hôtel spartiate, aux éclairages un peu glauques, succède une forteresse splendide, érigée entre désert et montagnes, se dressant fièrement au milieu de nulle part. Enfin presque. Car le régime communiste, sûrement désireux de laisser sa trace paysagiste dans l'Histoire, a installé une série d'industries lourdes dans ce décord de temples et de murailles en terre. Ca gâche un peu les photos. Et les rares bons spots sont réservés aux clichés payants pour ramener de jolis souvenirs dans le Hebei ou le Sichuan.
Ils avaient le désert entier pour batir des cuves toxiques et des pots 'échappements verticaux ; et ils les placent dans l'angle de vue de nos Nikon et Mamiya. Les zooms doivent aussi éviter les chapeaux de cowboys qu'affectionnent tant les Chinois - en groupe. Dans cette ancienne Chine, la forteresse fait figure de relique insolite, isolée de tout. Dernier vestige de la Grande Muraille avant l'Asie centrale, ultime leurre de rempart cntre les nomades. Cela n'a pas empêché les Mongols de venir. Pas loin, Ouighours et Bouddhistes, Musulmans et Russes ont cohabité à certaines époques, fuyant les Bolchéviks, faisant du commerce, propageant leur Savoir, cultivant la vigne en plein désert.
La Chine, elle, devient un empire touristique. Tout est fait pour faciliter la venue des masses prolétariennes dans les joyaux pausagers ou patrimoniaux du territoire. Amenagement du temps de non travail - rare - en industrie des loisirs. La liberté individuelle en moins. L'habitude du grope. On leur reconstitue des scènes de la vie quotidienne de dynasties antiques - assez réalistes, avec hommes et femmes en cire - pour leur rappeler ce que Mao a lavé.
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