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Et c'est parti. Nous allons rejoindre Dunhuang. Oasis au fin fond du Gansu. Il y a une route directe et une autoroute qui nous détourne de 130 kms. Soi disant, la route par le col de la Porte de Jade n'est pas pratiquable. Alors pourquoi est-elle indiquée sur toutes les cartes? Quant à l'autoroute, elle est, en fait, en construction.
Je vous laisse imaginer l'état de la route nationale qui sur 250 kilomètres sert de déviation pour le chantier de la future 4 voies. Voie de gravier sinusoïdale autour de cette longue ligne droite en cours de réalisation. La pause essence (3.72 Yuan le Li, mais quel Li? donc quelle mesure?) avant le calvaire, ce n'est jamais inutile. Chaque véhicule devant nous renvoie un nuage de gravillons et de sable. Parfois, étant à la place du mort, je dois fermer la fenêtre pour ne pas étouffer. Du coup, la caisse se transforme en sauna.
Dehors, le Maroc revient en force et en images. Les villages, le sol aride, les poussières. Des camions citernes humidifient le bitume, comme à Xi'An. L'eau colle le sable à la route, l'empêchant de s'envoler, se rassembler, prête à nous cerner et s'infiltrer dans nos bouches, pateuses. Ce début de route de la Soie n'a rien de soyeux. Sorte de raid sur piste mais sans 4x4. Nous traversons peu de villes. Terres désolées. Deux agents de la circulation se foutent du trafic bordélique d'Anxi County. Sous leur parasol, et à leurs pieds, une pastèque. Nous pilotons sur ce chemin interminable à des vitesses variant de 25 à 140 km/h. Il nous faudra bien six heures, sans les pauses, pour relier Dunhuang. Dans chaque bled, le job du jour, le plus fréquent, le plus utile, est assurément celui de mécanicien.
  
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