
Leurre réel |
Entre ces trous perdus, ce Texas sans fin, je m'assoupis. Parfois un oeil s'ouvre pour regarder les décors.
Montagnes beiges, éclairées par quelques taches de lumière. Vents impressionnants parés à charger le corridor vers l'Orient ou envahir le Désert de Gobi vers l'Occident. Entre deux dérapages plus ou moins cntrôlés, au milieu de convois conquérants, je songe aux premières impressions de Marco Polo. La borne indique 3200 kilomètres. De Pékin. Voyage sans fin venu de Venise. Epopée inachevée, pour l'instant. Efforts redoublés après le Caucase, la Perse, l'Himalaya, le désert... Il n'en avait jamais finit.
A Jiayuguan, des motards de Nouvelle-Zélande s'étaient posés. Ils reconstituaients le parcours de l'Italien. Ils leur restaient une semaine avant d'atteindre la Cité Interdite. Aujourd'hui la moitié des oasis qui existait du temps de Marco a disparu. Des éoliennes ultramodernes cotoient la route la plus pourrie du monde. Des montagnes, arrondies pour nous séduire, se rendent hostiles et belles par leur noirceur. Monticules de houille. A perte de vue, ces cônes n'ont pourtant attiré que nos regards. Aucun égaré n'a songé à y habiter. De multiples sacs plastiques se sont accrochés aux buissons peu ardent du sol craquelé. Certaines crêtes ciselées nous font croire à des profils humains, allongés.
  
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