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Qu'est ce qu'un film pour enfants? A une époque où les gosses sont farcis aux Spice Girls à 9 ans, nourris aux mangas à 12 ans, gavés au X-files dès 15 ans et où la capote devient plus indispensable que les clopes dès 17 ans, peut-on sans ironie définir un film pour enfants? I don't think so.
Choisir un film pour sa progéniture, c'est une responsabilité artistique et donc, éducative. C'est aux parents que revient le choix de savoir si un ado de 14 ans doit voir Assassin(s) de Kassovitz ou si un enfant de 8 ans peut comprendre un Schwarzenegger.
D'autant que les kids, quand ils aiment, ils ne comptent pas: Aladdin ou Terminator 2, ils le passent jusqu'à le connaître par coeur, mais sans esprit critique.
Alors justement, un film pour enfants, est-ce que ça existe? Il y en a, certes. Des produits ciblés. Des histoires de gamins, avec des animaux, de la scatologie, des histoires de jouets, du dessin animé...George de la Jungle par exemple en 97. Parfait délire "melbrooksien" pour le gosse qui est en nous.
Il n'y a pas forcément d'intérêt cinématographique. Parfois, cependant, l'intérêt émerge grâce à la technologie (Toy Story). On aimerait volontiers une version 90s de Moby Dick...
Mais force est de reconnaître que le vrai film pour enfants c'est le Disney ou autres cartoons dérivés (Space Jam, Anastasya, Astérix). L'histoire et les personnages priment. Peu de violence, pas de sexe (on s'arrête aux bisous, sans la langue), et de plus en plus d'action (bing bang boum). Quelques sentiments, purs évidemment. Bref du fun. Voilà ce à quoi ressemble un film pour gosses.
Avec les années, les enjeux ont mûri. Pour pouvoir attirer ados (grands frères et grandes soeurs) et parents, on a rendu les intrigues plus adultes.
On passe de l'ère: "j.h. blond, yeux bleux, musclés et prince charmant ch j.f belle, avec de longs cheveux, au foyer" à l'époque : "j.f. asiate, indépendante et militaire ch j.h. homo, artiste et bouddhiste."
Le cinéma, les images, ont un tel impact que, très jeune, elles nous influencent. Il est donc primordial d'axer le message vers la tolérance afin d'ouvrir les esprits. Parce que jusqu'ici Disney, en imposant l'amour idéal et unique, n'a fait que créer des névrosés qui finissent chez le psy.
Cannes 98. Soleil. Piscine le dernier samedi. Une heure de plage le dernier dimanche. Au total sur 11 jours, 5 coupes de champagne. La peau un peu tanée. 26 films en salles. 20 interviews. Lever 7 heures tous les matins. 2 soirées seulement. La course entre le film, la conf'de presse, la salle de presse, les endroits à interviews, parfois le déjeuner qui ne saute pas! Le marché du film, les escaliers, sa vie pendue au cellulaire, les horaires des séances à ne pas oublier, à ne pas se mélanger. On s'endort après avoir fait le planning du lendemain. Et finalement au bout de 11 jours, épuisé. Et dire que certains croient qu'on glande sur la croisette...Il y a 30 000 personnes qui bossent, des milliards qui se brassent, bref plus de stress que de strass!
vincy (pour isaak) / 17 juin 1998 / ecran noir
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