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LES AMERICAINS EN AVANCE SUR LA RECETTE ... (Projet)


"On peut tout faire, c'est fascinant parce que la prochaine étape, c'est de rester chez soi et de manipuler les images pour les films, ça nous donne plus de contrôle sur la manière dont on peut altérer les choses. C'est un nouveau monde. " (David Lynch, in Libération)

C’est un euphémisme d’écrire que les Américains croient au web comme support de diffusion mais aussi de création.
Ce qui est plus inquiétant c’est la frilosité des Européens, et notamment des Français, en toute conscience de leur part.
Pour la sortie vidéo de Blair Witch project, on annonce officiellement la mise en ligne d’une douzaine de parodies, afin de créer l’événement sur Internet. Le film rejoint les cultes Scream et Star Wars archi-parodiés.
Trimark Pictures a décidé de projeter en pay-per-view son catalogue de 650 films sur son site CinemaNow, dès février 2000.
Dans le même temps, Metafilmics (qui a produit le film What Dreams May Come pour le grand écran) a décidé de se lancer dans le Digima avec la production d’un film 100% Internet au début 2000. Quantum Leap a un budget de 3 millions de $ , et sera diffusé sur le site spécialisé SightSound.
Warner Online est dans le même sillon avec Three to Tango, une série de courts pour le web dont le style semi-documentaire sert de making of à un vrai film avec Neve Campbell, Dylan McDermott, Matthew Perry et Oliver Platt dans le casting.
On retrouve dans la sélection officielle du FIFI 2000 une fiction on-line mettant en vedette David Hasselhoff, Pierce Brosnan et Jason Alexander...
Depuis novembre 99, Steven Spielberg a annoncé l'ouverture de son portail lié au divertissement (pop.com), Tim Burton et les créateurs de South Park réaliseront des films d'animation pour le Net et Robin Williams réalisera des one-man show pour un site audio.
Evidemment ce n’est que la partie médiatique... cela ne tient pas compte de ces dizaines de réalisateurs, producteurs qui s’essaient dans l’ombre à ce " microcinéma ".
En terme de diffusion, de nombreux sites (cinéma virtuel, chaînes de cinéma on-line, Festivals de courts... ) sont déjà en place. Des millions de $ circulent et sont investis dans ce type de contenu. De grandes sociétés remplissent leurs sites ou créent des pubs interactives originales grâce à des cartoons en flash ou des vidéos numériques scénarisées. Yahoo.com a même déjà ouvert des catégories pour le Digital Entertainment.
George Lucas va ouvrir une Université du numérique à San Francisco avec l’appui de la municipalité. Le Festival du Film New York Underground programme déjà une compétition de films numériques. La New York University a intégré les Digital Video dans ses cursus Cinéma/Télévision. L’Independant Film Channel diffuse une émission sur le sujet. Big Apple et Seattle sont d’ailleurs considérés comme les deux capitales dans le domaine.
Cette profusion, et prise de risque, propre aux Nord-Américains part d’un calcul économique, d’une facilité technologique mais aussi, plus dangereusement, d’une volonté hégémonique d’un point de vue politique et culturel. A quoi cela sert d’être une exception si on est hors-course dans la compétition?

vincy / décembre 2000

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