texte publié dans les blogs de Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn en mars 2006
Contradictions et injustices.
En constat, il faudrait prendre en compte d'autres données qui peuvent expliquer l'ampleur du piratage :
- une culture de plus en plus loisir (accessible, comme les voyages se sont démocratisés), et le secteur du jeu vidéo en est le meilleur symbole et a su contourner le problème alors qu'il est soumis à un iratage permanent;
- un acharnement contre le consommateur : prix élevés (cinéma à presque 10 euros, disque au delà des 15 euros), arnaque au support (vous avez acheté un vynil dans les années 70, il a fallu racheté tout en CD dans les années 90, et maintenant il faut repayer en mp3 et autres formats les mêmes chansons : d'où la rentabilité des catalogues mais pas forcément la fortune des artistes) ; que je sache une fois le droit acquis, nous n'aurions pas du payer une nouvelle fois les frais afférants à la distribution et à la création... Au contraire, le prix du CD a fait explosé le prix du produit.
- la copie privée a toujours existé : sans elle combien de jeunes auraient pu s'échanger, se partager leurs goûts musicaux (ce qui contribue fortement à la construction des adolescents et des relations humaines)? Les cassettes audio vierges n'ont jamais freiné les ventes de disques. Par contre, ils contribuent fortement à la socialisation des citoyens, à l'éducation culturelle.
- quand vous vous abonnez à CanalSat, Noos ou TPS, vous avez le droit de voir 300 films par mois minimum (la moitié d'une année de cinéma en salles) et vous avez le droit d'enregistrer sans contrainte n'importe quel film, et même les 300 si ça vous chante, pour une somme ridiculement faible comprenant l'ensemble de l'abonnement. Ce DVD enregistrable ne coûte que son prix d'achat lui même ridiculement bas et concurrence un DVD "packagé" à 20 euros!
Aussi, une fois ce bon sens de consommateur pragmatique et soucieux de son budget mais aussi de ses neurones établi, il faut peut-être imaginer des solutions qui ne s'adaptent pas aux lobbys mais aux faits.
Par exemple, les chanteurs et musiciens le disent eux-mêmes : l'avenir de leur rémunération, et le propre de leur création, c'est de se produire sur scène. Pas de piratage là. Et les prix des billets se portent bien, les tournées sont de plus en plus sollicitées...
De même, l'internaute trouverait logique de payer 5 euros de plus par mois pour avoir ce qu'un bouquet TV satellite lui offre. C'est à dire l'accès non sanctionnable à tous les contenus diffusés. Tant pis pour les sociétés d'auteur (qui au passage se paient de beaux locaux, de belles réceptions, de beaux dîners sur le dos des auteurs).
Le téléchargement gratuit n'est peut-être pas souhaitable, mais il est désormais une habitude. Il a permis de découvrir des artistes, parfois de donner un accès à des produits inexistants autrement (combien de disques n'ont jamais été mis sous forme CD, combien de CD sont épuisés?!), et même de faciliter la diffusion culturelle lorsqu'on n'est pas à proximité d'une ville dotée d'un Zénith, d'un multiplexe et d'une Fnac (soit à peu près toutes villes en dessous de 100 000 habitants).
Sur ces éléments, et en prenant en compte qu'il faille absolument conserver une rémunération pour les artistes, le secteur culturel doit changer ses modèles économiques : coûts, distribution, promotion, ... Elles ne font déjà plus preuve (cinéma comme musique comme littérature) de grand flair et d'audace sur la création...
Et s'adapter au "client", et non l'inverse.
Il faut trouver des solutions qui ne soient pas trop liées à un modèle classique. Il faut parfois accepter de renoncer à une chose (la dématérialisation est une forme de renconcement finalement) pour trouver de bonnes solutions. Ne pas voir tout avec une logique du XVIIIème siècle, mais au contraire imaginer la logique des décennies à venir.
La coutume a, parfois, et continue dans certains pays, à faire loi. Et peut préfigurer de notre caapcité à nous adapter et non pas résister avec rigidité...
à suivre ...?
Sur le site Désird d'avenir (S. Royal)
Sur le blog de DSK
vincy / 2006